Ethique

L’éthique est abordée au CRCF de différentes manières, qui peuvent être représentées selon trois  axes: Souscription à l’éthique internationale de la recherche, Développement d’une éthique collaborative avec les communautés, et Recherche multidisciplinaire sur l’éthique en santé (recherche et soins).

1. Souscription à l’éthique internationale de la recherche

Dans le cadre de ses activités, le CRCF souscrit aux principes de l’éthique internationale de la recherche en santé à plusieurs niveaux:

  • Formation des membres de l’équipe à l’éthique de la recherche au travers du programme TTREE
  • Adoption et application des Bonnes Pratiques Cliniques pour la recherche en santé
  • Application de la Charte Ethique de l’ANRS, révisée en 2017,  pour les pays en développement (2017) Charte Ethique 2017 Version finale en français
  • Application des règles de co-signature définies par le Comité international des éditeurs de revues médicales (2003) (téléchargeable ici)
2. Développement d’une éthique collaborative avec les communautés

Le CRCF mène une réflexion permanente sur les rapports entre chercheurs et participants aux recherches, et plus généralement sur la notion de « Communautés de recherche » qui conçoit la recherche comme un processus de collaboration entre scientifiques et société, nécessitant des échanges en amont, pendant et après la durée d’un projet de recherche. Dans ce cadre plusieurs projets ont été menés pour ajuster la recherche au contexte socio-économique et sanitaire, prendre en compte le point de vue des participants aux projets et les priorités des communautés dans un objectif d’amélioration de la santé publique. On recense notamment:

  • Les Projets Ethique du CRCF menés avec l’appui de Sidaction dans les suites du programme Informed Consent entre 2008 et 2013
  • La journée d’étude du 26 avril 2012 sur les relations entre chercheurs et communautaires
  • La collaboration avec les représentants communautaires et le RECERS
  • La collection de videos « Ethiques de la recherche en santé au Sud » avec l’UMI TransVIHMI
3. Recherche multidisciplinaire sur l’éthique en santé (recherche et soins)

L’éthique en matière de recherche soulève en permanence des questions concernant l’adaptation des principes universels aux pratiques dans les contextes locaux. Si l’éthique formelle propose des cadres destinés à orienter les pratiques, les réalités sociales génèrent souvent des situations de conflits de valeurs. Le développement d’une approche délibérative de l’éthique peut permettre de résoudre ces conflits, d’améliorer les règles de l’éthique formelle et de mettre en place des pratiques plus justes dans la recherche et les soins. Les analyses multidisciplinaires en sciences juridiques et sociales alimentent cette démarche en apportant des éclairages sur les fondements sociaux, politiques, culturels ou économiques de ces situations, en mettant au jour les points de vue divers des acteurs (et les ethnoéthiques), voire en « expérimentant » de nouvelles pratiques.

  • Des travaux académiques d’analyse des dimensions éthiques de la recherche au CRCF (voir publications)
  • Un travail d’expérimentation en matière d’information des participants (télécharger ici)
  • Un colloque sur les « Nouveaux Enjeux Ethiques autour du Médicament en Afrique de l’ouest et du centre » (compte-rendu à télécharger ici, publication en cours)
  • Le séminaire 2013-2014 « Ethique et recherche chez l’enfant: Analyses multidisciplinaires » coordonné par le Pr Alice Desclaux (IRD) et le Dr Samba Cor Sarr (Comité National d’Ethique pour la Recherche en Santé)
  • En 2016-2017, le CRCF a participé à la révision de la charte d’éthique de l’ANRS, dont la nouvelle version a été rendue publique en août 2017.

 

Activités réalisées

 Séminaire « Ethique et Recherche chez l’enfant : analyses multidisciplinaires »

Coordonné par Pr. A. Desclaux (IRD), Dr Samba Cor Sarr (Comité National d’Ethique pour la Recherche en Santé)

Jusqu’à récemment, les médecins basaient leurs choix de traitement des enfants sur des connaissances issues de recherches menées chez des adultes. Les pédiatres ont été les premiers à réclamer le développement de la recherche médicale auprès d’enfants pour pouvoir disposer de connaissances plus précises. Cette recherche clinique ou épidémiologique pédiatrique s’étend dans les pays du Sud depuis une dizaine d’années ; la recherche en sciences sociales auprès d’enfants commence à se développer.

Au Sénégal, des recherches ont été menées et sont en cours, ou en développement, afin de mettre au point ou d’adapter aux conditions des pays du Sud des traitements préventifs et curatifs. Les problèmes de santé concernés sont propres à -ou particulièrement fréquents dans- cette tranche d’âge (malnutrition infantile, rougeole, méningite), endémiques (bilharziose, paludisme) ou pandémiques (infection à VIH). Les projets de recherche, les études cliniques et les essais thérapeutiques sont de plus en plus nombreux, d’ampleur très variable.

Ces recherches soulèvent des questions en matière d’éthique, en partie d’ordre général, et en partie spécifiques à cette population. Au plan général, les questions concernant le rapport entre bénéfices et risques, le risque de « l’illusion thérapeutique » qui laisse croire aux patients que des actes destinés à la recherche sont motivés par les soins, les modalités de protection de la confidentialité, ou l’accès aux innovations thérapeutiques après l’étude, font partie des questions que doivent traiter les chercheurs pour chaque contexte et chaque objet d’étude. Les enfants apparaissent alors comme une « population vulnérable » en raison de leur manque de maturité physique et intellectuelle, qui, selon la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (1989) « a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux ».

D’un point de vue juridique, toute intervention de recherche et de soin auprès d’un mineur suppose l’obtention de l’autorisation de l’adulte qui dispose de l’autorité parentale. Les autres dispositions éthiques sont a priori inchangées et les dispositifs de recherche chez l’enfant actent cette répartition des rôles et statuts. Mais en pratique ceci pose des questions complexes car le détenteur de l’autorité parentale est rarement la mère ou la personne qui accompagne l’enfant pour ses soins. Dès lors, se posent des questions autour de la communication avec la ou les tuteurs, parents et accompagnants, et du type d’information qu’il faut apporter à ces personnes référentes pour les soins à l’enfant.

L’article 12 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant indique que les Etats signataires garantissent « à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ». Cette disposition suppose, pour être appliquée, que l’assentiment à recevoir certains soins ou à participer à une recherche soit obtenu de la part des enfants qui ont atteint un âge usuellement défini entre 7 et 12 ans. Faut-il favoriser un recueil de l’assentiment de l’enfant au-delà d’un âge seuil, éventuellement défini en  fonction du contexte, ou lorsque l’enfant témoigne de certaines capacités de compréhension ? Quelles peuvent être les modalités de recueil de cet assentiment ? Quel doit être le contenu de l’information délivrée à l’enfant à propos de la recherche, et comment adapter les messages à des enfants ?

La population des enfants, très hétérogène au plan de la maturité physique et intellectuelle et de l’autonomie selon leur âge, doit-elle être considérée comme composée de sous-populations traitées différemment ? D’autre part, la confidentialité concernant des informations relatives à l’enfant peut-elle être assurée vis-à-vis de ses parents s’il en fait la demande ? Quelles questions spécifiques pose la période de l’adolescence, pendant laquelle les personnes peuvent avoir une vie sexuelle, voire matrimoniale ou parentale, alors qu’elles sont légalement mineures ? De multiples questions complémentaires sont posées par la recherche chez l’enfant.

L’objectif de ce séminaire est de permettre un échange de savoirs, d’expériences et de réflexions, autour de cette question, d’importance croissante au Sénégal. Il est organisé sous la forme de présentations suivies d’une discussion ayant lieu au CRCF (Fann), toutes les six à huit semaines. Ces sessions donnent la parole à des responsables d’études cliniques et de recherches en pédiatrie, des juristes, des pédiatres, des intervenants associatifs, des chercheurs en sciences sociales et en santé publique. Elles peuvent également porter sur l’éthique dans le champ de l’intervention sur les plans médical, social, ou juridique.

Séances passées :

-      20/03/13 : Dr Riveau, médecin chercheur, Association Espoir sur la santé, L’information pré-essai thérapeutique en population rurale

-      29/04/13 : Mme Caroline Desclaux Sall, doctorante en santé publique, Le statut de l’enfant et les formes de consentement à la recherche

-      19/06/13 : Mme Fabienne Hejoaka, anthropologue, Ce que les enfants vivant avec le VIH savent de leur diagnostic : Analyse et implications

-      11/09/13 : Dr Khoudia Sow, médecin et anthropologue, Faire face à des situations de pauvreté extrême dans la recherche

-      18/12/13 : Dr Philippe Msellati, médecin épidémiologiste, Questions éthiques dans les cohortes d’enfants vivant avec le VIH

-      07/03/14: M. Yannick Jaffré, anthropologue, Enfants, soins et hôpitaux en Afrique de l’ouest

-      19/03/14 : M. Ibrahima Tall, juriste et spécialiste en population, développement et santé de la reproduction, Les lois peuvent-elles changer la société ? Analyse de l’expérience du Comité National de Lutte contre l’Excision au Burkina Faso

 

Projets

Atelier de formation « Ethique des soins et de la recherche » juillet 2009

Dans le cadre du Projet Ethique du CRCF avec le soutien technique et financier de SIDACTION et l’Agence Nationale de Recherche sur le VIH/sida et les Hépatites virales (ANRS), un atelier de formation sur « Ethique des soins et de la recherche » en direction des acteurs communautaires, a été organisé du 6 au 9 juillet 2009 sur le Campus International UCAD/IRD de Hann, Dakar.  Cette formation, co-animée par l’association KASABATI (Burkina Faso) et le REDS (Cameroun), avait pour objectif de permettre aux représentants des associations d’acquérir des notions essentielles sur l’éthique de la recherche et des soins, des compétences pour mieux comprendre les rôles qu’ils pouvaient jouer dans la recherche et de renforcer leurs capacités « d’acteur de la recherche ». Cette formation a été aussi une opportunité pour ouvrir un réel espace d’échange et favoriser le partage d’expériences sur les enjeux éthiques de la recherche entre associations, chercheurs et médecins.

  • Rapport d’activité de l’atelier éthique juillet 2009

Ressources de l’atelier.

  • Logique et valeur de la recherche Calice Talom (REDS).
  • Succès, limites et défis de la recherche biomédicale et en sciences sociales sur le VIH/Sida, Vincent Bastien (Kasabati).
  • Fonctionnement d’un essai thérapeutique (phases d’un essai,différents types d’essai…) Dr Assane Diouf (CRCF).
  • Questions éthiques dans la recherche en sciences sociales Dr Khoudia Sow (CRCF).
  • Comment lire une notice d’information et une lettre de consentement éclairé dans un protocole de recherche? Quels sont les éléments et les informations qui doivent y figurer ? Vincent Bastien (Kasabati), Calice Talom (REDS), Katy Fall (CRCF).
  • Questions de méthodologie et d’éthiques posées par les essais en « médecines traditionnelles ou néo-traditionnelles » Sylvie Le Gac (CRCF).
  • Participer pourquoi ? Estimer les risques et les bénéfices, négocier les avantages, connaître ses droits L’information des participants : dilemmes éthiques posés à un médecin Dr Ngagne Mbaye (Synergie pour l’enfance).
  • Prise en compte de l’éthique dans un essai vaccinal sur l’HPV.
  • Prise en compte de l’éthique dans un projet de PTME.
  • Prise en compte de l’éthique dans les essais de prévention du VIH Calice Talom (REDS).
  • L’exemple de Kasabati.
  • Le Comité National d’Ethique de Recherche en Santé du Sénégal, rôle et fonctionnement Samba Cor Sarr (CNERS).(CNERS_2009_SambaCorSarr)
  • Quels rôles possibles pour les associations dans la recherche ?
  • La réalisation d’une recherche-action.
  • La mise en place d’un Conseil Consultatif Communautaire au Burkina Faso Daouda Diouf (ENDA Santé) Vincent Bastien(Kasabati).